Épandages de pesticides : un productivisme qui s’affranchit des précautions de santé

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Un décret du 27 décembre 2019 concernant les épandages de produits toxiques utilisés dans certains types d’agricultures a instauré des zones de non- traitement (ZNT). Ce décret a ainsi défini des distances minimales d’interdiction d’épandage autour des habitations, de 10 mètres pour les cultures hautes (arbres fruitiers, vignes, oliviers, etc.), 5 mètres pour les autres cultures (blé, maïs, colza, légumes, etc.), et 20 mètres pour les substances les plus dangereuses, quel que soit le type de culture. Mais depuis le 30 mars 2020, les distances peuvent être réduites à 5 et 3 mètres pour les deux premières catégories de culture suite à la signature d’une charte prescrivant l’utilisation d’épandeurs qualifiés de « plus précis ». Cette réduction des distances de sécurité s’appliquera à l’ensemble du Centre Val de Loire.

Nous regrettons que ces décisions, qui ont potentiellement des conséquences lourdes sur la santé de nos concitoyen.ne .s, aient été prises dans l’urgence et sans consultation publique satisfaisante. De plus, le respect des normes édictées dans cette charte, qui passe par l’achat d’un équipement adapté pour éviter la dispersion des polluants, pose question en période de crise.

En cette période de crise mondiale du Covid-19, il est évident que la production alimentaire, donc agricole, est un rouage essentiel de nos sociétés, mais surtout un des besoins primaires, manger. Mais la priorité doit être mise sur les productions à destination locale, et non pas sur un modèle productiviste d’exportations à but uniquement lucratif. La crise actuelle a mis en lumière pour tous, du citoyen aux hommes politiques au sommet de l’état, la nécessité d’un changement radical de notre modèle de société. Ce n’est pas avec des recettes de production du passé, qui entretiennent la baisse de la biodiversité et les risques pour la santé, que nous pourrons nous mettre à l’abri, dans le futur, de crises similaires à celle que nous traversons. Cette réduction des zones de non-traitement est d’autant plus malvenue en période de confinement : une grande majorité de la population occupe son logement au moment du traitement des cultures, ce qui augmente sensiblement le risque de contamination par les substances nocives dispersées.

Les écologistes, politiques ou militants associatifs, ont toujours soutenu les personnes appliquant un principe de précaution quant à la santé de leurs semblables, qu’ils soient paysans, producteurs ou même maires de communes comme celui d’Ingré (45), Langouët (35), Argenton-sur-Creuse ou encore Le Blanc (36) (communiqué EELV Orléanais, par exemple).

C’est dans cet esprit que l’équipe d’OSE avait réfléchi aux meilleures manières pour se nourrir et en même temps respecter notre environnement, pour tous les citoyens et citoyennes : objectif 100 % bio et local dans les cantines, aides aux agriculteurs désireux d’une conversion vers le bio, augmentation des zones « zéro pesticide ».

Le monde d’après, c’est avant qu’il faut le penser.

Jean-Sébastien Herpin, colistier d’OSE

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