OSE : la réponse aux questions sur la Culture de MagCentre

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MagCentre a sollicité tous les candidats pour connaitre leur programme en matière de culture. Voici les éléments qui ont été communiqués par la liste OSE :

En préambule, il convient d’indiquer que la liste d’OSE ne manque pas d’envies ni de projets en matière culturelle. Pour autant, elle sait qu’une fois en responsabilité, il lui faudra faire des choix en fonction de la situation économique de la ville d’Orléans, et des moyens réels d’action qu’elle trouvera à son arrivée.

1-Que ferez-vous des Vinaigreries ?

Les choses ne sont pas arrêtées pour nous. Ce pourrait être malgré tout un lieu culturel vivant d’arts plastiques, en lien avec le 108, l’ESAD, les institutions du territoire et des collectifs d’artistes. Des écoles pourraient également être intéressées par un lieu d’exposition des productions de leurs élèves. La décision de l’utilisation de ce lieu sera faite en concertation avec différents partenaires, les élus, les associations, les habitants du quartier, les citoyens intéressés.

2-Où envisagez-vous d’implanter la future salle de l’Astrolabe ?

A la tête nord du pont de l’Europe car nous défendons la dimension métropolitaine de notre territoire. La future SMAC serait située à la frontière de différentes villes de la métropole et très accessible à toutes et tous par différents moyens de transports. Même si nous ne mésestimons pas la pertinence qu’apporte l’unité de lieu pour une scène de diffusion et un établissement d’enseignement artistique, nous remettrons à plat l’actuel projet de déménagement du conservatoire sur ce site. En effet, ce projet doit faire l’objet, comme beaucoup d’autres, d’un travail de co-construction avec les acteurs et experts, mais également avec les habitants et usagers du futur lieu.

3-Quel avenir pour le Théâtre du Parc Pasteur ?

Nous souhaitons rénover ce théâtre pour qu’il redevienne un lieu de spectacle pour enfants, sans forcément que cette thématique soit exclusive dans ce lieu. La politique de diffusion Jeune Public, structurante et participant d’une politique globale d’EAC (Éducation Artistique et Culturelle) et d’école du spectateur ne doit pas se limiter à la programmation du Théâtre Gérard Philipe. Des compagnies sont d’ores et déjà susceptibles d’être intéressées pour animer ce lieu.

4-Quel programme pour la salle Gérard Philipe de la Source ?

Nous défendons l’idée que les habitants de la Source, comme tous les quartiers périphériques, ont le droit à une programmation culturelle riche et diversifiée. Ce qui se fait actuellement au théâtre Gérard Philipe est déjà remarquable. Il reste à continuer à attirer de nouveaux publics. Des porteurs d’une programmation de cinéma pourrait y être soutenus, par exemple. Et cette salle pourrait participer à notre projet de festival des quartiers qui cherche à mixer et à aller au-devant de nouveaux publics. Il est également important que, de par sa programmation, la salle Gérard Philipe puisse capter un public plus large venant du centre-ville et des autres quartiers.


5-Raserez-vous le Zénith devenu inutile avec le Co’met ?

Cette question souligne l’incohérence d’un projet comme Co’Met. Effectivement, les deux salles vont, qu’on le veuille ou non, se concurrencer. Avec cet héritage de l’actuelle gouvernance, nous chercherons malgré tout à optimiser l’ensemble de ces salles en les ouvrant à un maximum d’activités. Même si le sous-entendu de la question ne nous a pas échappé, nous tenons à préciser qu’une démolition n’est pas envisagée également pour une question d’éco-responsabilité.


6-Comptez-vous restructurer le fonctionnement du Théâtre d’Orléans et de quelle façon ?

La programmation y est riche mais toujours illisible pour la plupart des Orléanais·e·s. Si on est intéressé par les belles offres culturelles orléanaise du lieu appelé « Théâtre », on est obligé de prendre quatre abonnements, ce qui n’est pas supportable financièrement.

En fréquentant le lieu, on comprend vite que les spectateurs aimeraient une programmation globale, avec un abonnement unique leur permettant de choisir des spectacles et non des… entités programmatrices.

Si la refonte du nom de cet établissement peut, symboliquement être substitué au nom de « théâtre » (réducteur, compte tenu de la diversité des spectacles qui y sont programmés, une co-construction sur ce sujet avec les habitants et les usagers du lieu pourrait être menée. Il semble également indispensable de réunir autour de la table les différentes composantes du lieu, et leur tutelle, afin de favoriser leur cohérence et leur cohésion.

Outre l’examen de faisabilité d’une programmation globalisée au travers d’un abonnement, la décentralisation de certains spectacles pourrait apporter un appel d’air à la congestion parfois constatée, et permettrait un meilleur maillage territorial de l’offre (très qualitative) de l’équipement.


7-Que souhaitez-vous faire de l’église de l’hôpital Madeleine ?

Le projet Madeleine est à repenser dans son ensemble. C’est en fonction du choix définitif qui devra se faire avec les Orléanais et Orléanaises que nous validerons l’usage qu’aura cette église qui, dans tous les cas, devra faire l’objet de travaux de rénovation.

8-Et de la salle de l’Institut ?

Il parait évident que sa rénovation devra être engagée durant la prochaine mandature. Pour ce qui est de sa destination future, elle pourrait évoluer en fonction de l’avenir du conservatoire, sachant que cet écrin de la musique classique (mais pas que, à une certaine époque !) constitue en soi un patrimoine culturel municipal à protéger.


9-Le musée des Beaux-Arts sera-t-il agrandi ?

Compte tenu des investissements à venir et ceux déjà engagés en faveur de la culture, il nous semble imprudent de promettre un tel agrandissement. La priorité pour nous sera surtout de rénover thermiquement l’ensemble des bâtiments municipaux, dont le musée des Beaux-arts et les bâtiments de la mairie centrale attenants.


10-Que devient le Conservatoire dans votre projet municipal ?

Le conservatoire d’Orléans doit continuer à assurer sa mission d’éducation à la musique, à la danse et au théâtre et ceci en conservant, pour le premier cycle notamment, ses antennes à La Source et aux Blossières. Une antenne à l’Argonne pourrait être étudiée, d’autant que l’opérateur privé pratique à l’Argonaute des tarifs peu adaptés au pouvoir d’achat des habitants du quartier. Compte tenu du bassin de vie dans lequel il se situe, il pourrait être intéressant de mener une réflexion sur l’élargissement de la palette esthétique actuellement proposée (musiques actuelles, musique ancienne), mais aussi de consolider, notamment par les espaces de leurs pratiques, les départements d’art dramatique et de danse.

Nous portons le projet d’une Éducation Artistique et Culturelle (EAC) pour l’intégralité des enfants des écoles d’Orléans au terme de notre mandat. Comme le prévoit la charte de 2001 de l’enseignement artistique, le Conservatoire devra y jouer un rôle essentiel.

Dans cette belle dynamique que constitue, pour le territoire, une politique d’EAC, le Conservatoire d’Orléans peut contribuer à la transition, déjà opérée à l’échelon national, de l’offre d’enseignement (par exemple à l’aune de l’émergence de l’officialisation de nouvelles pratiques urbaines comme l’enseignement des danses hip-hop).

Enfin, un projet culturel de territoire pourrait être porté au niveau métropolitain. Dans ce cadre, des coopérations et mutualisations sont à imaginer entre le conservatoire d’Orléans et les écoles de musique des autres villes de la métropole, notamment dans la mise en commun et la circulation des enseignants.

12-Souhaitez-vous soutenir le commerce culturel de proximité et de quelle façon ?

Nous souhaitons actionner deux leviers en faveur des commerces culturels de proximité.

Nous veillerons à ce que les appels d’offre de marchés publics tels que le fonds des médiathèques, ou la maintenance des parcs instrumentaux puissent intégrer des critères facilitant la candidature des acteurs de proximité.

Et nous soutiendrons la création d’une monnaie locale qui viendrait en soutien au commerce de proximité, en général et culturel, en particulier. La collectivité pourrait, par exemple, donner à ses agents une partie de primes dans cette monnaie locale, sur le principe des chèques-cadeaux qui ne peuvent être dépensés que dans certains magasins.

13-Avez-vous un projet spécifique pour Saint Pierre le Puellier ?

Cet endroit est un joyau patrimonial mais est malheureusement sous-utilisé. Alors qu’Orléans a vu la disparition de ses galeries d’art, ce lieu doit pouvoir remplir en partie cette fonction. Il s’agira d’y faire cohabiter avec les expositions temporaires, voire d’y intégrer des productions de pratiques amateur.

14-Quelle politique pour les médiathèques et la lecture publique ?

Les médiathèques sont le premier maillon de la culture. Nous souhaitons, tout en confortant le cœur de métier qui est la médiation et le conseil aux usagers, faire évoluer les projets de service de chaque médiathèque du réseau d’Orléans vers un concept de « 3e lieu », ouvert aux habitants et à la diversité des pratiques culturelles. Leur rôle, de par leurs missions, pourrait être renforcé au niveau de la lutte contre la fracture numérique et de l’éducation aux médias et aux réseaux sociaux.

Le rapport Orsena a démontré le bien-fondé de l’adaptation de la temporalité des bibliothèques. Celle-ci ne peut se résumer à un simple élargissement des horaires et de l’ouverture le dimanche, mais à une adaptation au rythme de vie des Orléanais. Cette réflexion ne pourra intervenir qu’en concertation avec les usagers, les agents de la ville et les partenaires sociaux.

Là aussi, une politique culturelle à l’échelle de la Métropole pourrait permettre une coopération et mutualisation intéressante pour l’ensemble des habitants. Celle-ci pourrait permettre une mutualisation des moyens (logiciel métier, fonds documentaires…) ainsi qu’une complémentarité des services permettant une meilleure desserte des usagers (acheminement des documents par navette, complémentarité des horaires…).


15- Que deviendront les Voix d’Orléans ?

Nous soutiendrons les voix d’Orléans ainsi que le parlement des écrivaines francophones. Ces événements nourrissent l’ouverture sur le monde nécessaire pour penser l’avenir de notre ville.

Il reste toutefois à démocratiser ces événements et donc à élargir leur public.

À ce titre, l’édition de cette année « avoir 20 ans en 2020 » devrait permettre d’aller vers un nouveau public plus jeune.


16-et les Festivals de Jazz (deux à Orléans !) ?

Le choix de supprimer le festival de Jazz d’Orléans en 2014 alors qu’il allait avoir 20 ans d’âge, a été un mauvais choix. Depuis, le peu de soutien aux associations de jazz est flagrante. Pourtant, un jumelage avec la Nouvelle Orléans a été formalisé, et effectivement celui-ci doit nous encourager à réfléchir à un festival de musiques avec du jazz. La Nouvelle Orléans a certes cette identité historique autour du jazz, mais aujourd’hui elle est devenue la ville de la création musicale avant tout. Alors quel format pour un nouveau festival de musique ? Quelle période ? Y a-t-il des liens à faire avec des événements déjà existants ? Cela reste à définir, et nous le ferons comme pour les autres sujets structurants, avec les acteurs culturels et les habitants.

17-Soutenez-vous le projet d’un Festival de Cinéma à Orléans ?

Oui, nous saluons, d’ailleurs, avec enthousiasme le projet du festival “Récidive” qui fait suite à cet événement que fut « Cannes 39 à Orléans ». Le patrimoine immatériel et mémoriel peuvent, dans certains cas, concourir à une identité culturelle marquante. Peu de villes ont connu un dans leurs hommes politiques un destin comme celui de Jean Zay. L’heure est peut-être venue de valoriser cette histoire locale et de lui donner le rayonnement qu’elle mérite.


18-Quelle place donnerez-vous particulièrement aux associations culturelles orléanaises ?

Ce sont des partenaires essentiels dans notre vision de la ville. Nous portons le projet d’un festival des quartiers. À ce titre les associations culturelles seront aux premières loges pour y participer.

Au même titre que des institutions comme le conservatoire d’Orléans, les associations culturelles orléanaises seront des partenaires essentiels dans la mise en place de l’EAC (Éducation Artistique et Culturelle) que nous souhaitons mettre en place dans toutes les écoles élémentaires d ‘Orléans, d’ici la fin de notre mandat.

Par ailleurs, nous encouragerons la convergence des projets collaboratifs, de sorte que les associations et compagnies artistiques soient plus complémentaires que concurrentes, et nous favoriserons, pour celles qui souhaitent se professionnaliser, leurs moyens d’autonomie : dans une démarche comparable à l’aide à la structuration que nous apporterons au secteur de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire), nous favoriseront les conditions de leur essor et de leur gestion (DLA, administration, aide juridique).

Enfin, nous souhaitons encourager la création de tiers-lieux dans les quartiers qui pourraient accueillir notamment des associations culturelles orléanaises, et qui manquent actuellement cruellement de lieux de répétition et de création.


19-Quel avenir pour le Festival de Loire ?

La question du changement de période pour ce festival se pose. Comment continuer à faire un festival supposé fêter la Loire alors que son niveau d’eau est au plus bas ? L’acheminement de bateaux par la route doit également nous interroger en terme d’éco-responsabilité. Cet événement doit se recentrer sur la Loire et la biodiversité, les associations et acteurs qui y sont liés. Enfin, le festival de Loire est devenu un festival trop axé sur l’animation de bouche, alors qu’au départ le spectacle de rue y était très présent. L’art dans l’espace public étant un formidable vecteur de convivialité et de démocratisation culturelle, les compagnies locales pourraient être, là encore, davantage mises à contribution.


20-Avez-vous un projet de nouvel événement culturel pour Orléans ?

En dehors du sujet d’un nouveau festival autour des musiques et du jazz en particulier, parce qu’elle en a le potentiel et les atouts, nous souhaitons inscrire Orléans dans la dynamique des villes candidates à être capitale européenne de la culture. Des villes françaises pourront candidater à partir de 2023 pour une sélection en 2028.

Cette ambition devra mobiliser tous les acteurs culturels, mais aussi économiques, en vue de cette échéance de moyen terme. Il s’agit pour nous d’un événement à part entière qui devrait enfin donner à Orléans l’identité culturelle qu’elle mérite.


21-Êtes-vous favorable à une politique culturelle métropolitaine ?

Oui, c’est clairement la bonne dimension pour construire une politique culturelle.

La dimension culturelle est déjà parfaitement intégrée dans l’usage du territoire qu’en fait la population.

Une personne qui se passionne pour un genre particulier (le flamenco, les marionnettes, la bande dessinée, etc.) va aller chercher le spectacle qui l’intéresse, qu’il soit situé à Orléans, Ormes ou Chécy .

Le portage politique doit pouvoir se faire aujourd’hui auprès des autres villes de la métropole, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Nous voyons déjà au moins deux domaines de possibles mutualisation : autour des médiathèques, et autour des conservatoires de musiques, de danse et de théâtre comme déjà évoqué. Bien sûr, le niveau de mutualisation devra être largement concerté avec les élus et acteurs concernés, de sorte qu’en aucun cas l’habitant soit perdant en termes de services de proximité. Des modèles existent qui prouvent qu’une « mutualisation de projet » est une plus-value pour le territoire, même dans le domaine culturel, où le pré-carré et la concurrence sont parfois historiquement à l’œuvre.


22-Prenez-vous l’engagement d’augmenter le budget de la culture à Orléans ?

Comme évoqué en préambule, il conviendra d’abord d’évaluer la marge budgétaire héritée des mandats précédents. Partant, en concertation avec les habitants, et dans le cadre d’une gouvernance responsable, les projets de développement seront priorisés, parmi lesquels la culture sera en belle place, puisqu’elle constitue, en tant que politique publique à la croisée de bien d’autres, un axe phare du programme de la liste OSE.

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